IMAGINAIRE ROUTIER

ET FORMES LITTÉRAIRES DU QUOTIDIEN

L’état des routes québécoises est excellent. Dans la fiction romanesque, s’entend. À preuve, les voix nouvelles de Sara Lazzaroni, Jonathan Ruel et Christian Guay-Poliquin : trois avancées pour réinventer la roue, la route et le voyage. 

Il me semble que ceux qui s’inquiètent de la persistance de la vraie correspondance dans le nouvel univers technologique font fausse route. Les relations épistolaires sont en mutation, mais bien actives. Elles survivront. Mais laisseront-elles encore des traces ? J’ai trop de respect pour ces formes littéraires du quotidien pour imaginer que celles de ma génération ne méritent pas de perdurer quelque part.1
1. Catherine Voyer-Léger, « Pardonnez-moi ce long silence : Correspondance entre Gabrielle Roy et Margaret Laurence », Nuit blanche, no 132, automne 2013.

Art épistolaire en mutation, donc, et à la recherche de support pérenne. Dans l’intervalle, les coffres aux trésors familiaux n’ont pas  fini de livrer leurs secrets, qui migrent de lettres à livres. À cet égard, la correspondance qu’ont entretenue les Jacques, Madeleine et  Marcelle Ferron, ainsi que Robert Cliche, révèle – de l’intime à l’artistique au politique – l’histoire « vivante » d’acteurs marquants de la société québécoise.

Parmi les autres propositions de ce numéro : une maison d’édition fête ses 30 ans et se raconte à rebours (L’instant même) ;  dix-sept femmes et hommes, la plupart jeunes trentenaires, se réunissent pour penser, dire, tordre le cou à l’abjecte « culture du viol » (Sous la ceinture, p. 60) ; un médecin-écrivain campe ses intrigues policières aux Îles-de-la-Madeleine (Jean Lemieux)…

Il faut lire les poètes québécois et franco-ontariens (R. Y.)
Poème inachevé, peut-être, « hénaurme » et assurément dérangeant que « Les muses chauves », inédit du poète, essayiste et éditeur Robert Yergeau, décédé en 2011. Merci à son fils qui nous l’a confié.


 

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