André Berge, l’écrivain méconnu de ce numéro, aura eu deux vies. La première, littéraire, s’est très tôt conclue. Dans la jeune trentaine, le romancier avait déjà mené son héros « au terme d’une lente construction de soi-même » : de la naissance (La nébuleuse) à la mort (La jeunesse interdite) puis à la vie (Le bonheur difficile). Par François Ouellet, qui s’est aussi intéressé au très médiatisé roman de politique-fiction qu’est Soumission. Si Michel Houellebecq n’est pas un bon romancier, il est «  un penseur d’une rare efficacité ». Un penseur de droite ?  Quoi qu’il en soit, le « sociologue » Houellebecq aurait « comme personne le don d’illustrer, de vulgariser les malaises de notre temps ». En complément, Houellebecq économiste de Bernard Maris – l’Oncle Bernard de Charlie Hebdo – qui dans cet essai paru en 2014 dénonçait l’économie comme idéologie et montrait « les vertus éclairantes de la littérature ». Par Marie-Ève Pilote.

Autre sociologue, de formation celle-là : Denise Bombardier. En entrevue avec Pierrette Boivin, elle insiste : son Dictionnaire amoureux du Québec ne présente pas une vision désespérante du pays, mais plutôt une « vision en distance […] pour départager ce qui nous construit et ce qui nous déconstruit ». Portrait de groupe qui invite à la discussion.

Autre entrevue : avec Roxanne Bouchard, que nous présente Linda Amyot. Professeure au collégial, elle « s’évertue à faire tomber ses étudiants amoureux de la littérature québécoise ». Auteure touche-à-tout, elle a fréquenté le journal intime (Whisky et paraboles), le monde militaire (En terrain miné), le carnavalesque (Crématorium Circus)…

Poignant, le Journal de Sylvia Plath est « d’une puissance et d’une authenticité absolues ». Par Renaud Longchamps : « Les jeunes femmes et la Mort ».

Louis Jolicœur porte son regard particulier (de traducteur littéraire) sur les Menus souvenirs de José Saramago. Laurent Laplante remonte le temps théâtral de la ville de Québec à travers la lecture d’un copieux ouvrage « d’une élégance jouissive » consacré à Paul Bussières, scénographe. Enfin, David Lonergan nous offre son tour de l’œuvre, poétique et romanesque, d’Hélène Harbec.

Bonne lecture ! Suzanne Leclerc

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