La littérature acadienne débarque

Au Québec, la littérature acadienne se résume essentiellement à La Sagouine (1971) et aux romans d’Antonine Maillet, plus particulièremenPélagie-la-charrette, prix Goncourt 1979.Dans le meilleur des cas, on sait encore, peut-être depuis qu’il est lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, qu’Herménégilde Chiasson est un poète majeur, que Gérald Leblanc, peut-être parce qu’il est décédé en 2005, est un autre poète majeur, et que le nom de France Daigle évoque une certaine écriture formaliste. C’est déjà un début, mais ce n’est pas tout. De la même manière, la littérature acadienne, ce n’est pas seulement un discours sur le passé historique, ses misères et sa résistance. Alors que la littérature acadienne des années 1970 est dominée principalement par des préoccupations historiques et nationalistes, elle acquiert, au tournant des années 1980, une nouvelle dimension, plus intime, où l’imaginaire et l’identité du sujet tendent à se substituer à la narration de l’histoire populaire. Depuis, cette littérature, en se développant et en se renouvelant, ne cesse de s’imposer dans l’univers des lettres francophones.

Cependant, une telle littérature reste évidemment vulnérable, liée à une institution littéraire et à des infrastructures culturelles fragiles, comme le rappelle Benoit Doyon-Gosselin, professeur de littérature francophone à l’Université Laval, à qui nous avons posé la question : la littérature acadienne existe-t-elle ? À Raoul Boudreau, spécialiste de la littérature acadienne à l’Université de Moncton, à François Paré, l’auteur des célèbres Littératures de l’exiguïté, et à David Lonergan, qui remportait il y a un an le prix Antonine-Maillet’Acadie Vie pour ses Chroniques de littérature dans l’Acadie d’aujourd’hui, nous avons demandé de nous orienter respectivement sur les pratiques romanesques, poétiques et théâtrales contemporaines. Si fragilité de la littérature acadienne il y a, ce dossier rappelle surtout qu’il existe des auteurs qui n’entendent faire aucune concession non seulement sur l’identité qui détermine leur rapport à la langue, mais plus encore sur une activité d’écriture qui peut se dire pleinement littéraire.

 


Ils ont répondu à nos nombreuses questions et demandes. L’équipe de Nuit blanche les remercie chaleureusement :
Roxanne Charlebois et le Regroupement des éditeurs canadiens-français,  Serge Patrice Thibodeau, Jovette Cyr et les éditions Perce-Neige, Francine Dion, Maurice Arsenault et le Théâtre populaire d’Acadie, Sylvie Lessard et les éditions Prise de parole, Marguerite Maillet et les éditions Bouton d’or Acadie, Jean Babineau, Herménégilde Chiasson, Emma Haché, Dano LeBlanc, Joël Boilard et la revue Ancrages, Les éditions La Grande Marée, Les éditions de la Francophonie, André Wilson et les éditions Court-Circuit, Francette Sorignet, Raymond Thériault, Leméac éditeur, Les éditions du Boréal, Les éditions Fides, XYZ éditeur.

 

Publié le 5 juillet 2009 à 18 h 00 | Mis à jour le 23 avril 2015 à 13 h 59

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