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Claude Lara, Nuit blanche

Regards sur la littérature équatorienne


« Si nous ne pouvons, si nous ne devons, être une puissance politique, économique, diplomatique et – encore moins ! – militaire, soyons une grande puissance culturelle, ce à quoi notre histoire autorise et nous encourage. »
Benjamìn Carriòn

La langue française a été et demeure un vecteur fondamental de la diffusion de la littérature équatorienne. Citons en particulier le cas du poète Jorge Carrera Andrade dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance : quatorze de ses œuvres poétiques ou historiques ont été traduites en français.

Rappelons seulement ces quelques mots d’Alain Bosquet, (un grand ami également de la poésie québécoise1) à l’occasion de l’hommage que le Cercle Paul Valéry rendait au poète équatorien à la Sorbonne, en novembre 1952 : « Ce n’est pas en vain que je viens de prononcer les plus grands noms de la poésie de ce siècle. Jorge Carrera Andrade est l’un des deux ou trois poètes vivants qui appartiennent à cette même altitude2 ».

Soulignons qu’en 1951 Jorge Carrera Andrade avait publié l’excellente anthologie Poesía Francesa Contemporánea ; 55 poètes de langue française, y étaient traduits et présentés par lui. Pour ces nombreuses traductions et l’ensemble de son œuvre, il reçut le Prix littéraire de l’Île Saint-Louis ainsi que le Grand Prix international de la Société des poètes français. Et, heureuse coïncidence, en 2004, en Équateur, sera fêté le centenaire d’Alfredo Gangotena, cet écrivain équatorien qui a écrit la plus grande partie de sa poésie en français, une œuvre qui a suscitée l’admiration de Jean Cocteau. « Gangotena, vous avez du génie. C’est quelques fois dommage – toujours merveilleux3 », et celle d’Henri Michaux, qui écrivit dans la présentation qu’il en fit dans Les Cahiers du Sud : « La plupart des écrivains, avant de les lire vous les connaissez déjà par cœur, vous en avez déjà plein les oreilles de tout ce qu’ils vont vous dire qui a déjà été dit et redit, […]. Un homme original est très rare. Un poète original, contrairement à ce qu’on pense, l’est beaucoup plus […]. Alfredo Gangotena est un des rares poètes que j’ai rencontrés qui ne me soit pas apparu comme un être moyen et bâti comme tout le monde4 ».

Disons donc que la littérature équatorienne publiée en français, au XXe siècle a été brillante aussi bien par sa qualité que par sa diversité ; et l’avenir semble aussi très prometteur. À l’ aube du XXIe siècle espérons qu’une centaine d’auteurs équatoriens seront publiés en français et que nous verrons apparaître les premières traductions québécoises. Nous y travaillons et ce dossier sur la littérature équatorienne en est une première manifestation.

Avec le dossier sur les lettres équatoriennes, le magazine Nuit blanche poursuit la démarche entreprise en 1999 (no 76) avec la littérature brésilienne, puis la littérature costaricienne en 2001 (no 82) . Ce projet destiné à faire connaître les littératures latino-américaines s’enrichit maintenant de la littérature équatorienne avec ces cinq siècles d’écriture ( du XVIe au XXIe siècle). L’académicien Darío Lara, le professeur de littérature Enrique Ojeda, le diplomate Galo Galarza y ont collaboré5 , ainsi que le poète, et académicien, Fernand Verhesen, qui a autorisé pour la première fois qu’on reproduise un texte jusqu’ici inédit en français, sur la poésie de Jorge Carrera Andrade6. Afin de prolonger ces regards portés sur la littérature du pays qu’il représente, le Consulat Général de l’ Équateur à Montréal publie dans son site Internet une série de vignettes intitulée : « 70 écrivains équatoriens du XXe siècle traduits en français ». Ajoutons que, depuis 1999, le Consulat a fait don de plus de 1400 livres aux bibliothèques de Montréal et de Québec.

Nous remercions très vivement l’auteur de nous avoir autorisés à publier ce texte qui a été édité en espagnol comme préface dans l’ouvrage : « Jorge Carrera Andrade-Memorias de un Testigo » , A. Darío Lara, tome II, Casa de la Cultura Ecuatoriana, Quito, Ecuador, 1999 ; pages XI-XVI.

 


1. Rappelons seulement le livre d’Alain Bosquet : Poésie du Québec, Seghers, Paris,1979.
2. « Jorge Carrera Andrade-Memorias de un Testigo », A. Darío Lara, tome I, Casa de la Cultura Ecuatoriana, Quito, Ecuador, 1998, p. 220.
3. « Alfredo Gangotena-poèmes français », recueillis et présentés par Claude Couffon, « Orphée », La Différence, 1991, p.18.
4. « Alfredo Gangotena-poèmes français II », édition établie par Claude Couffon, « Orphée », La Différence,1992, p.12.
5. Leurs textes ont été traduits par Monsieur Claude Lara, Consul Général de l’Équateur à Montréal.
6. Monsieur Fernand Verhesen est membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique. Éminent poète belge, essayiste, il a traduit des auteurs espagnols et hispano-américains, et, plus particulièrement de l’œuvre de Jorge Carrera Andrade : « Cargaison océanique », Nice 1949, (Collection La Galère) et « Les Armes de la Lumière », présenté par Jean Cassou, Bruxelles, 1953 (Éditions Le Cormier).


 

 

Publié le 3 février 2004 à 14 h 54 | Mis à jour le 14 mai 2015 à 10 h 59

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