Samuel Archibald, Antonio Dominguez Leiva, Bernard Perron

Z POUR ZOMBIES

Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2015
220 pages
34,95 $

 

Cet ouvrage collectif découle du colloque international bilingue « Invasion Montréal » qui s’est déroulé dans la métropole québécoise à l’été 2012. Il a comme pendant un numéro double de la revue Otrante en 2013, que Bernard Perron, Antonio Dominguez Leiva et Samuel Archibald avaient joliment intitulé : « Poétiques du zombie » (et auquel nous avions eu le plaisir de collaborer). Le titre Z pour zombies représente une autre belle trouvaille : le clin d’œil au célèbre roman jeunesse de Robert C. O’Brien Z for Zachariah n’échappera pas aux mordus d’histoires de fin du monde.

« Les zombies […] se répandent comme de la vermine », observent les trois responsables éditoriaux dans l’introduction. C’est si vrai que même les vers d’Apollinaire cités en exergue semblent parler d’eux (« […] Le ciel se peupla d’une apocalypse / Vivace […] Et les morts m’accostèrent / Avec des mines de l’autre monde »). Or cette contamination émane avant tout du monde anglophone, d’où proviennent la majorité des initiatives en matière de revenants mangeurs de chair : romans, nouvelles, essais, films, téléséries, webséries, bandes dessinées, jeux vidéo, marchandises variées, etc., sans oublier les travaux universitaires, puisque depuis quelques années, les zombie studies sont devenues un champ d’étude comme un autre… ou presque. Vincent Brault a raison de rappeler l’insignifiance du sujet : « Le zombie n’existe pas, c’est évident, mais ce n’est pas la raison pour laquelle on ne peut en parler ». Conçu pour « favoriser la propagation d’études en français sur les zombies », Z pour zombies réunit les analyses de treize chercheurs, dont sept contributions originales en français et six traduites de l’anglais. Les auteurs y traitent du monstre de « A à Z » ou peu s’en faut : il est question des liens entre les zombies et l’université, le sexe ou les pratiques de consommation ; de la nostalgie ou du néobaroque activés par les zombies ; des morts-vivants bédéiques et vidéoludiques. On regrettera l’absence d’une conclusion générale, mais autrement, l’ouvrage est très complet et a le mérite de dresser des ponts entre les mondes francophone et anglo-saxon.

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Publié le 3 octobre 2016 à 15 h 05 | Mis à jour le 12 octobre 2016 à 15 h 28

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