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André Ferron

UN ONZE SEPTEMBRE

La Plume d’Or, Montréal, 2018
130 pages
19,95 $

Après plusieurs années d’un mariage malheureux, un homme décide de fuir sa compagne aigrie et « incapable de supporter la vue du bonheur ». Une femme qui l’accuse constamment et injustement d’infidélité et l’abreuve de reproches au moindre prétexte. En plus d’être animée d’un besoin impératif de « contrôler, posséder et s’il le faut, écraser ».

L’évadé avoue être maintenant habité par la colère et la douleur, des maux impossibles à extirper instantanément, même du fond du refuge reculé qu’il a choisi : unshackau milieu d’une forêt centenaire. Un paradis acheté d’un vieil homme, sous la promesse de ne pas livrer sa forêt aux bûcherons et d’en prendre soin. Mais, même là, les accusations de son ex-conjointe continuent de le tenailler et de réveiller sa colère, d’autant plus qu’il doit affronter son premier hiver en solitaire, assiégé par la neige et les mauvais souvenirs, dont celui de la disparition mystérieuse de ses parents alors qu’il n’était qu’un enfant.

Pour trouver son coin de paradis, l’ermite a dû composer avec les habitants du village voisin, au maire quasi omnipotent. Un aubergiste alcoolique y a également créé une milice à la faveur de la paranoïa engendrée par les attentats du 11 Septembre venant de se produire. Cette milice se donne pour mission de débusquer les terroristes et les espions. L’« étrange » qui vient d’arriver dans la région suscite, bien sûr, la curiosité et les commérages. Et le fait que la forêt qu’il vient d’acquérir attise les convoitises des vautours qui voudraient la transformer en planches (et en dollars) joue aussi contre lui.

Après avoir traversé une période plutôt ardue d’adaptation à son nouvel environnement et de sevrage de son passé, le solitaire finit par trouver une certaine sérénité. Il en vient à se dire que, faute de trouver le bonheur, il pourrait « à tout le moins terminer cette chienne de vie en paix ». Mais parviendra-t-il à enfin déjouer le malheur qui s’est si longtemps acharné sur lui ? Ou se heurtera-t-il encore une fois à la malchance, à la bêtise et à la méchanceté ?

Un onze septembre est un roman remarquablement bien écrit où André Ferron arrive à dépeindre avec brio la quiétude et la splendeur de la nature. Il réussit également, avec grand talent, à faire partager les sentiments et les angoisses de son protagoniste.

Publié le 6 avril 2019 à 12 h 00 | Mis à jour le 6 avril 2019 à 12 h 35

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