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Gilles Archambault

TU ÉCOUTERAS TA MÉMOIRE

CENT TRÈS BREFS RÉCITS

Boréal, Montréal, 2019
132 pages
18,95 $


Après la publication de si nombreux romans, recueils de nouvelles, chroniques, etc., le réputé écrivain et animateur Gilles Archambault n’a, bien sûr, plus besoin de présentation.

Son plus récent ouvrage compte exactement cent textes très brefs, dépassant rarement une page, dans lesquels il aborde à nouveau les thèmes auxquels il a habitué ses lectrices et lecteurs. Dans chacun de ces textes, le narrateur, ou plus rarement la narratrice, fait part de ses sentiments, de ses regrets, de ses vains espoirs passés. La plupart du temps, c’est un écrivain d’un certain âge, l’alterego de l’auteur, comme on le comprend, qui partage ses pensées, revisite des souvenirs, se rappelle ses amours de jadis et ses amitiés se raréfiant. Il arrive que le narrateur parle de l’écrivain ou s’adresse directement à lui. C’est vers le passé que se tourne principalement son regard, quoique la mort qui approche constitue également une préoccupation récurrente. Mais il y a aussi le quotidien qui se déroule lentement, le corps qui se dégrade peu à peu et qui se révèle source de douleur, la mémoire qui s’altère graduellement, la famille et les (grands) enfants, avec qui il n’est pas toujours facile de communiquer. Heureusement qu’il reste encore le bonheur de vivre entouré de livres…

On retrouveau fil des textes, comme un vieil ami, le voyageur distrait, inquiet et solitaire, au caractère plutôt mélancolique et tendant parfois à la misanthropie,qui habite depuis longtemps l’œuvre de Gilles Archambault. Un des textes, « Perdre », résume assez bien l’ensemble du recueil. Le narrateur essaie de s’y rappeler le moment de son existence où il a réalisé que sa jeunesse « dorée » et sa vie avantageuse étaient devenues choses du passé.À partir de ce tournant, les avantages que la vie lui avait offerts avaient commencé à lui êtreretirés un à un. Ailleurs, le narrateur-écrivain joue volontiers la carte de l’autodérision. Ainsi, notammentdans « Une petite place », il se demande ce qu’il retire de s’échiner à décrire ce monde horrible. « Le sourire moqueur de ma femme et des comptes rendus minables », conclut-il, sur un ton de déception.

En somme, les lecteurs et lectrices ne seront pas dépaysés par ce nouvel ouvragede Gilles Archambault.

Publié le 24 juin 2019 à 13 h 00 | Mis à jour le 9 juillet 2019 à 14 h 36

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