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Sophie Divry

TROIS FOIS LA FIN DU MONDE

Notabilia, Montricher, 2018
240 pages
29,95 $

Un récit carcéral se doublant d’une robinsonnade postapocalyptique : voilà ce que propose, dans son cinquième roman, l’auteure originaire de Montpellier, qui fut aussi chroniqueuse à l’émission Des papous dans la tête sur France Culture entre 2016 et 2018.

La portion carcérale du roman occupe la première des trois sections dont celui-ci se compose. « Le prisonnier », c’est Joseph Kamal, alias « Bigoût », un jeune homme qui se retrouve incarcéré à la suite d’un braquage qui a mal tourné, son frère Tonio ayant été abattu, sous ses yeux, par les policiers. Parce qu’il se range du côté du caïd que l’on surnomme « Gros-Ba », Kamal doit ensuite subir les pires duretés de la détention. Puis, une brève partie, « La catastrophe », introduit un changement radical de situation. Une explosion nucléaire dévaste l’Europe. Kamal, insensible aux radiations, retrouve la liberté. Dans le troisième et plus long segment du roman, « Le solitaire », l’évadé se réfugie dans une ferme abandonnée et devient une sorte de Robinson Crusoé, organisant son existence quotidienne en pleine « zone interdite » avec pour seuls compagnons un mouton et un chat.

Alternant d’une façon qui peut sembler aléatoire la narration à la première et à la troisième personne, Trois fois la fin du monde juxtapose trois récits pour traiter, au fond, de la même problématique : la solitude. Sophie Divry fait preuve d’une grande habileté pour entrer dans la psyché de son protagoniste et montrer comment le désir de solitude absolue peut subrepticement se muer en besoin de retrouver l’Autre.

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Publié le 17 octobre 2019 à 13 h 56 | Mis à jour le 31 octobre 2019 à 16 h 48

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