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Nadège Devaux

SUR LA PISTE DES TOUAREG

RÉCIT DE VOYAGE ET D'AVENTURE

Arion, Lac Beauport, 2005
125 pages
17,95 $

Récit d’aventures à saveur orientale, Sur la piste des Touareg présente de façon imagée l’histoire d’une peuplade du désert – les Touareg, autrefois les Berbères – qui nourrit depuis fort longtemps l’imaginaire occidental. Au cœur du récit se retrouvent les thèmes de la liberté, de l’honneur, de la fraternité et du respect, de l’héroïsme en somme, qui réveillent chez le lecteur l’envie de se laisser guider là où « le monde n’a plus de frontières et où seules les âmes au cœur noble, épurées de formes physiques, se reconnaissent ». Périple initiatique que cette équipée ? Certes. Aventure qui donne accès à la nature profonde de l’homme.

Par la mise en scène de trois personnages, Nadège Devaux propose au lecteur une histoire attachante et un tantinet émouvante. Max et Christian, deux compères liés depuis leur enfance par un pacte d’amitié, s’en vont à la rencontre de l’amenokal, le dieu targui du désert, pour capter sur pellicule quelques images inédites afin de réaliser un documentaire. Salim, l’ami marocain, vient enrichir le duo par sa connaissance des terres arides et des Touareg ; il servira à la fois de guide et de traducteur. Ainsi, le trio s’en va par le désert à la recherche de sensations, d’images et surtout d’expériences.

Une histoire d’aventures, oui, mais également une histoire qui transporte le lecteur au-delà de l’espace physique. Car en filigrane se trouve explorée la question de l’identité. Dans les lieux étrange(r)s visités, les trois voyageurs sont confrontés à leur propre individualité. Résultat ? Une nouvelle identité se crée, assortie de préoccupations et de comportements inédits. Ainsi, en ces terres d’apparence austère et intransigeante que sont les plaines désertiques du Sahara, les aventuriers découvrent une autre facette de leur personnalité, laquelle les mènera vers une région d’eux-mêmes jusque-là inconnue. Les rencontres enrichissantes et inspirantes qui auront lieu dans ce périple transformeront ces trois voyageurs qui deviendront des imohagh, c’est-à-dire des « êtres libres et indépendants ». Bien que très court – le lecteur aurait envie de poursuivre son plaisir -, ce récit initiatique consacré à la double exploration de l’identité, celle des « hommes bleus » et celle des trois voyageurs, crée un lien rassurant entre deux cultures en apparence opposées.

 

Publié le 22 septembre 2005 à 0 h 00 | Mis à jour le 21 décembre 2014 à 9 h 36

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