Gaston Cadrin, Bernard Dagenais, Michel Lessard, Pierre-Paul Sénéchal

RABASKA

AUTOPSIE D'UN PROJET INSENSÉ

Fides, Montréal, 2009
271 pages
24,95 $

Début mars 2004 : les médias de la région de Québec commencent à parler de l’implantation d’un terminal méthanier à Beaumont, dans la région de la Chaudière-Appalaches. Dès le 4 mars, le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) organise une conférence de presse visant à informer le public sur les implications négatives qu’une telle entreprise pourrait avoir à plusieurs niveaux. À compter de ce moment, le GIRAM, appuyé par d’autres regroupements de citoyens, s’est opposé sans relâche à ce projet. Dans Rabaska, Autopsie d’un projet insensé, Gaston Cadrin, le président du GIRAM, et trois autres coauteurs se sont associés pour raconter le combat inégal et pour faire valoir leurs arguments. Les forces en présence sont, en effet, disproportionnées, car les citoyens ont en face d’eux un consortium regroupant quatre géants industriels : Gaz de France, Gaz Métro, Enbridge et Gazprom. Le promoteur créé pour l’occasion, baptisé Rabaska, du nom du long canot utilisé jadis par les Amérindiens et les voyageurs, a d’abord essuyé un refus à Beaumont. Il s’est tout de suite tourné vers un nouvel emplacement, à Lévis, à quelques centaines de mètres à peine du site original.

Cette fois-ci, fort de l’appui des politiciens, le projet n’a pu être immédiatement contré par les citoyens s’y opposant. S’est alors engagée une longue et dure bataille au cours de laquelle les opposants ont eu à faire face, non seulement à leurs représentants politiques, mais aussi à la plupart des journalistes et éditorialistes de la région de Québec. Un soutien inattendu leur est pourtant venu de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) qui, en 2007, s’est prononcée contre l’implantation du terminal. Mais « le gouvernement Charest n’hésitera pas à se prévaloir d’une disposition extraordinaire de la loi pour dessaisir cette commission du dossier Rabaska ».

Pourtant, bien des résidants des environs et même de l’île d’Orléans sont inquiets de devoir vivre à proximité de réservoirs de gaz naturel et d’immenses méthaniers. Pour l’instant, le contexte économique a provoqué le report du projet. Mais les citoyens qui s’y objectent espèrent toujours voir disparaître pour de bon cette épée de Damoclès.

Publié le 20 septembre 2009 à 22 h 14 | Mis à jour le 4 novembre 2014 à 14 h 55

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