Clermont Pépin

PICCOLETTA

SOUVENIRS

Triptyque, Montréal, 2006
286 pages
25 $

« Quiconque voudra désormais faire l’histoire de la musique canadienne ne pourra ignorer le nom de Clermont Pépin. Quand même ce dernier ne composerait plus jamais dans l’avenir, son Concerto en do dièze mineur est une œuvre impérissable. » Cet éloge paru dans La Presse de novembre 1946 devrait nous inciter à reconsidérer l’œuvre de ce compositeur et musicien originaire de Saint-Georges-de-Beauce.

L’autobiographie de Clermont Pépin (1926-2006) qui vient de paraître est triple : à la fois récit de vie, parcours d’artiste et d’éditeur de musique, mais aussi méditation sur le vieillissement. L’ouvrage raconte l’enfance, puis la révélation musicale de l’adolescent doté d’une oreille parfaite, capable d’identifier les notes entendues au piano, qui composa des œuvres classiques dès l’âge de 13 ans. Le jeune Clermont Pépin étudia la musique à l’Institut Curtis de Philadelphie, à Toronto puis à Montréal, dès 1944, auprès des Wilfrid Pelletier et Claude Champagne.

Dans Piccoletta, Clermont Pépin inclut intégralement plusieurs lettres reçues de divers correspondants, dont Wilfrid Pelletier. Ces lettres d’époque permettent de rendre plus réels certains personnages qui deviennent momentanément les narrateurs du récit. Contre toute attente, cette abondante correspondance contient en outre de menus détails sur une foule d’aspects : les lectures privilégiées, le prix des repas, les sentiments insoupçonnés de ses amis. Ainsi, à la suite d’une rencontre particulièrement tendue, sa protectrice Georgette Dionne écrivait en 1941 : « Je le quittais en pensant au suicide ».

On s’étonne néanmoins du parcours prestigieux de ce musicien relativement méconnu, surtout si on le compare à André Mathieu (1929-1968). Clermont Pépin a longtemps été enseignant et directeur au Conservatoire de musique de Montréal puis à celui de Québec ; il avait par ailleurs étudié auprès de quelques grands compositeurs du siècle précédent, comme Olivier Messiaen et Arthur Honegger, en 1949. Il nous a quittés le 2 septembre 2006. Malheureusement, les enregistrements de Clermont Pépin demeurent pratiquement introuvables sur disque.

Publié le 26 novembre 2006 à 14 h 31 | Mis à jour le 26 novembre 2006 à 14 h 31

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