Daniel Lavoie

PARTICULITÉS

Des Plaines, Saint-Boniface, 2015
99 pages
21,95 $

Le titre du recueil est un néologisme inspiré par l’intérêt que l’auteur porte à la physique quantique. Dans l’avant-propos, Daniel Lavoie explique qu’il a choisi cet angle parce qu’on trouve dans les particules élémentaires « toute la magie de l’Univers, son mystère, sa poésie ». Il considère Particulités comme la suite de son premier ouvrage, Finutilité. L’un des textes de ce nouveau livre reprend d’ailleurs le titre du précédent avec la marque du pluriel : « Finutilités » raconte en cinq lignes « [l]a courte histoire de toute une vie », celle d’un bébé haïtien écrasé lors du tremblement de terre qui a dévasté son pays.

Daniel Lavoie s’interroge en agnostique sur l’existence de Dieu. Il considère les dieux des différentes religions comme des « imposteurs » et déteste le fanatisme des idéologues. Il imagine ironiquement que la procréativité aiguë est responsable de la création du monde. Dans « Real evolution », il mêle ton prophétique et niveau de langue familier pour parler de la survie de l’humanité dans un lointain futur. « La vie poursuit son but. Ça prendra les planètes que ça prendra! » Se définissant comme « le prisonnier d’un événement particulaire », il croit que « dans ce néoromantisme d’antimatière les opposés s’attirent ». L’humour fait contrepoids à la mélancolie. Son allusion à « cet immense rire universel » semble proche de la pensée bouddhiste. Dans la dernière partie du recueil, la terre que Daniel Lavoie évoque est celle de la campagne dans laquelle se trouve le chalet où il va se reposer de l’agitation de la ville, fermant derrière lui « une porte de silence ». Les « particules » sont celles du fumier au « parfum lourd et sucré » qui flotte dans l’air.

Ce livre plaira aux lecteurs qui aiment les ouvrages dans lesquels les auteurs ne se conforment à aucune règle préétablie, ce qui les rend de ce fait inclassables. La réflexion y est profonde – qu’elle porte sur la science, la philosophie ou la politique – sans que cela nuise à la poésie. Je l’ai personnellement trouvé aussi beau qu’utile, comme une bible amorale qui serait tout à fait à sa place sur la table de chevet d’un libre-penseur.

Publié le 15 février 2016 à 12 h 00 | Mis à jour le 16 février 2016 à 11 h 46

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