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Yvon Boucher

LE JÉSUITE DE CRISTAL

Varia, Montréal, 2001
217 pages
14,95 $

De toute évidence, Yvon Boucher aime bien provoquer. En témoigne d’abord le Christ au corps de femme illustrant la couverture du Jésuite de cristal. Le confirment ensuite la brochette de textes qu’il y propose. Ce sont, en fait, ses humeurs, ses réflexions empreintes de cynisme qu’il livre. Elles touchent surtout les relations hommes-femmes et, en particulier, la sexualité. D’ailleurs, le verbe bander est sans doute le mot qui revient le plus souvent dans sa prose. Il sait fort bien que celle-ci n’attirera pas les foules. D’ailleurs il écrit : « En ce qui me regarde, je n’ai rien à vous conseiller car je bande à part… » Chose certaine, les femmes ne sont pas les lecteurs qu’il vise. Cet autre extrait le démontre clairement : « C’était le genre de femme qui pensait qu’un trou du cul ne sert qu’à chier. C’est à cause des femmes comme elle que le bordel a été inventé ». On le constate, choquer semble le faire jouir. « Je ne suis pas ‘ sortable ‘ » n’est-il pas le titre d’un de ses textes ! Au risque de surprendre l’auteur, j’avoue avoir trouvé un certain plaisir à lire cet essai. J’aime bien quand il y ridiculise le train-train quotidien. C’est, à mon avis, là où il est le plus sortable : « Vos files d’attente dans les Caisses populaires, vos patiences, endormies, à l’endroit des bureaucraties ministérielles, vos soupers à la chandelle, si prévisibles, pour la Saint-Valentin, vos RÉA, vos REÉR et vos derRIÈRES coincés dans la panique du Futur qui justifie un présent mesquin-bout-de-chandelle-économie-steak-haché-macaroni-providence-Provigo-dépanneur-Loto-Québec me font vomir », écrit-il.

Digne d’intérêt, également, est sans doute la préface de François Landry. On y retrouve une fine et pénétrante analyse de l’œuvre d’Yvon Boucher. Pour si bien connaître un auteur et une œuvre aussi peu conformistes, le préfacier est sans doute professeur de littérature à l’université, pensais-je. D’où ma surprise et, il me faut l’avouer, mon plaisir, de constater que ce n’est pas le cas. Preuve, s’il en fallait, que la culture n’est le monopole d’aucun milieu.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21

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