Réjeanne Larouche

LE BONHOMME

JCL, Chicoutimi, 2001
319 pages
21,95 $

Claudine a douze ans. Elle est l’aînée de sa famille et, en tant que telle, est habituée à ce qu’on lui confie des responsabilités. Ainsi, c’est souvent elle qui est chargée de veiller sur ses frères et sœurs. La famille a l’habitude de passer les fins de semaine de la belle saison dans une île au milieu d’un lac où elle a un chalet et où le grand père paternel s’est également construit un abri. Un samedi, le père doit travailler pour remplacer un confrère. La famille ne se rendra donc pas au chalet cette fin de semaine-là. Le grand-père (que Claudine appelle pour elle-même « le Bonhomme ») tient à y aller quand même. Comme la santé du Bonhomme est chancelante, Claudine se voit chargée d’aller lui tenir compagnie, mais surtout de le surveiller. On le devine, la tâche est délicate puisque Claudine n’a évidemment aucune autorité sur son grand-père, sans compter que celui-ci est têtu comme une mule. Le grand-père et la petite-fille passeront donc une partie de la fin de semaine seuls sur l’île. Il y aura, bien sûr, des imprévus, des affrontements, des réconciliations et des incidents. Surtout, le lecteur sera témoin du soliloque de la fillette. Un soliloque lucide, intelligent et savoureux.

Le bonhomme, premier roman de Réjeanne Larouche, lui a valu le Prix Plume saguenéenne 2000. Rien de surprenant à cela puisqu’il s’agit d’une œuvre remarquable. Je dois reconnaître que si on m’avait prévenu que Le bonhomme est un roman truffé de jurons, de québécismes et même de saguenéismes, j’aurais été réticent à le lire. Malgré mes préjugés, je suis tombé sous le charme de la plume de Réjeanne Larouche. Sa prose colle de très près à la langue orale québécoise et coule de façon naturelle. Il me faut admettre que le niveau de langue que l’auteure a choisi pour Le bonhomme est celui qui convient puisqu’il donne aux paroles et aux pensées de Claudine, le personnage principal, un ton très crédible pour une fillette de son âge habitant au Saguenay.

Les Éditions JCL ont décidément le chic pour dénicher de nouveaux auteurs québécois de talent. Après Marie-Christine Vincent (À la croisée des chemins) et Daniel Boivin (À cause du train), elles nous proposent de découvrir Réjeanne Larouche.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21

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