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Adrien Levasseur

L’ART POPULAIRE DANS LE PAYSAGE QUÉBÉCOIS

GID, Québec, 2015
347 pages
49,95 $

Adrien Levasseur est un passionné d’art populaire. Dans deux publications antérieures, il s’est intéressé aux « gosseux », aux « patenteux », deux termes qui ont une connotation péjorative mais qui disent, en réalité, les qualités de ces personnages qui peuplent les villes, villages et campagnes du Québec. Ils et elles sont des créateurs d’inventions. En effet, manquant souvent de ressources, et sans doute à cause de cela, ils doivent faire, et même inventer quelquefois, ces objets nécessaires à leur quotidien. C’est alors que, dans ce processus qu’exige la survie, on voit l’ingéniosité de l’un et la créativité de l’autre prendre le dessus pour produire des objets, parfois étranges, destinés uniquement à se faire plaisir.

Ces deux publications d’Adrien Levasseur sont en quelque sorte des whoiswho de ces individus qui pratiquent cet art dit populaire, un art simple, plein de fantaisie et sans les limites qu’impose une formation scolaire. On y constate que leurs créations couvrent tous les domaines : de la nature à la religion, de la sexualité au sport. Le troisième volume, comme son titre l’indique, nous fait voir l’art populaire dans le paysage québécois, c’est-à-dire dans ces lieux où il a pris naissance. L’ouvrage lie ainsi l’expression au terroir dans une perspective dynamique. À travers des photos d’époque, on voit cet art dans les parterres, sur les chemins, dans les intérieurs. Un hommage est rendu à quelques créateurs dont la contribution a été particulièrement marquante dans l’évolution de cette pratique artistique.

L’importance de telles publications est capitale, car celles-ci jouent le rôle d’agents indispensables dans la mise en valeur de ce patrimoine. Elles informent, éduquent et contribuent à créer un public à même d’apprécier ce type de productions. Et, dans ce public, se trouvent les collectionneurs. En effet, ces acquéreurs d’objets d’art populaire peuvent, d’une part, par leur médiation, agir sur ce monde particulier de la création et, d’autre part, grâce au soutien matériel qu’ils apportent aux artistes, contribuer, à leur manière, à la vitalité de la scène artistique locale.

Publié le 14 février 2016 à 20 h 46 | Mis à jour le 16 février 2016 à 12 h 58

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