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R. J. (Roger Jon) Ellory

LES FANTÔMES DE MANHATTAN

Trad. de l’anglais par Claude et Jean Demanuelli
Sonatine, Paris, 2018
456 pages
34,95 $

Roman à suspense, thriller, oui, mais surtout roman noir d’une rare violence qui se déroule dans le milieu criminel américain. Un livre sur l’absence, la trahison et la vengeance, et sur l’amour aussi. Un récit intimiste sur une jeune libraire de New York.

Les fantômes de Manhattan est tout cela, en plus de se vouloir un hommage aux livres. « Et il a acheté un bouquin… Trois, précisa-t-elle. Putain, Annie […]. Épouse-le tout de suite. » Les livres hantent les lieux et les personnages, en plus d’être au cœur de l’intrigue de ce dixième roman qui paraît en français. Les fantômes de Manhattan (Ghostheart) est cependant le deuxième titre du Britannique, publié originalement en 2004.

Des saveurs autobiographiques teintent le récit de l’écrivain de Birmingham, dont l’œuvre est étonnamment toujours ancrée aux États-Unis, et la recherche de ses racines en est le thème principal. La protagoniste Annie, trentenaire esseulée, est orpheline, tout comme l’auteur né en 1965 ; ni l’un ni l’autre n’a connu ses parents. L’arrivée de personnages secondaires va cependant bouleverser la vie de la libraire solitaire et à cause d’eux, celle-ci vivra une grande passion et une grande douleur. Le premier, Robert Franklin Forrester, se prétend être un vieil ami de ses parents disparus et est porteur d’un manuscrit qui va la sortir de sa torpeur. Quant au deuxième, David Quinn, le beau David… ce qui devait arriver arrivera et il réveillera le cœur endormi de la jeune femme.

Malgré tout, Annie aura toujours foi en son métier : « Elle les accueillait, tous autant qu’ils étaient, parce qu’il lui restait encore assez d’idéalisme pour croire qu’un livre avait le pouvoir de changer une vie ».

Un autre parallèle existe entre l’auteur et, cette fois-ci, Harry Rose, le vilain de l’histoire, le rescapé de Dachau devenu gangster ; tous deux ont connu une jeunesse pour le moins brutale et délinquante. R. J. Ellory trouve ainsi les mots justes pour raconter les faits et gestes de ses personnages, lesquels s’entremêlent dans le plaisir ou la douleur aux événements de l’Histoire récente.

Les fantômes d’Annie disparaîtront un jour dans les brumes de Manhattan et tout est bien qui finira bien. « La femme que je suis maintenant aspire à un autre genre de vie. » On lui souhaite, car elle apparaît sous un jour un peu fade, cette jeune libraire.

Depuis quinze ans, R. J. Ellory publie chaque année un nouveau livre. Il a été en nomination et a gagné de nombreux prix britanniques et français, ainsi que nord-américains, dont le Prix des librairies du Québec en 2010 pour Vedetta.

Publié le 26 octobre 2018 à 15 h 11 | Mis à jour le 21 décembre 2018 à 14 h 08

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