Collectif

CHARLESBOURG

DES GENS TRICOTÉS SERRÉS

GID, Québec, 2018
206 pages
34,95 $

D’anciennes municipalités comme Charlesbourg, Orsainville et Notre-Dame-des-Laurentides sont désormais des quartiers de la grande ville de Québec. Charlesbourg, pour sa part, existait déjà sous le Régime français, centré sur son Trait-Carré : découpage urbain de vingt arpents, effectué en 1692 par l’arpenteur Jean Le Rouge. Dans un ouvrage consacré à cette ville et publié chez GID, on nous rappelle qu’à la fin du XVIIesiècle, Charlesbourg « se classe quatrième en importance après Québec, Montréal, et Trois-Rivières ». Les 200 photographies datant du début du XXesiècle que nous propose le livre sembleront inédites à la majorité des lecteurs, car celles-ci proviennent des riches archives de la Société d’histoire de Charlesbourg.

Plusieurs pionniers sont photographiés, comme le chevalier George Manly Muir en 1878 – une rue porte son nom et croise l’autoroute Laurentienne. De nombreux commerces sont à l’enseigne de la famille Bédard, très présente et descendant d’Isaac Bédard. Quelques clichés montrent l’emblématique église Saint-Charles-Borromée (inaugurée en 1830), aujourd’hui blanchie, parfois photographiée avec ses fausses pierres, telle qu’on pouvait la voir – méconnaissable – entre 1936 et 1961. On fait revivre le Jardin zoologique d’Orsainville, fermé définitivement en 2006. On voit aussi Gros-Pin, aujourd’hui un lieu-dit situé à la limite de Limoilou, au sud de l’autoroute Félix-Leclerc ; Gros-Pin était déjà nommé et cartographié au XVIIesiècle.

Ce Charlesbourg. Des gens tricotés serrés contient une multitude d’images et de faits qui ne se retrouvent pas dans les ouvrages consacrés à l’histoire de la ville de Québec : c’est son point fort. Ce beau livre se distingue des titres précédents de cette collection par l’ampleur des légendes accompagnant chaque photo. Celles-ci offrent une contextualisation précise qui donne tout son sens à chaque événement croqué sur le vif. Ainsi, un commentaire explique que la longue clôture en tuyaux de fer près de l’église paroissiale servait autrefois à attacher les chevaux des fidèles pendant la messe ! Ailleurs, les auteurs situent exactement l’emplacement d’une étonnante maison crochede la 1reAvenue, détruite il y a un siècle. Autre élément rare : on voit même des autobus des années 1930 et 1940. Mon seul regret : ne pas retrouver la rôtisserie La Tournée du Moulin, fabuleux restaurant champêtre jouxtant le Jardin zoologique d’Orsainville !

Publié le 22 juin 2018 à 13 h 52 | Mis à jour le 28 juin 2018 à 20 h 17

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