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Bertrand Bergeron

CE CÔTÉ-CI DES CHOSES

L’instant même, Québec, 2014
158 pages
21,95 $

Bertrand Bergeron est né à Sherbrooke en 1948 et enseigne au Collège de la région de l’Amiante. Il a été à deux reprises lauréat du prix Adrienne-Choquette, en 1988 et en 1993. Dans son plus récent recueil de nouvelles, premier à paraître depuis plus de vingt ans, il propose une quarantaine de textes courts, et même parfois très courts, jusqu’à ne compter qu’un seul mot.

Parmi les sujets abordés, se trouvent, entre autres : la nuit et la frontière floue entre le rêve et la veille ; des fantaisies à propos de Vincent Davy, un fantôme, un spectre, un personnage, un corps sans organisme, une amibe ; la banlieue, qui « n’est pas encore au point », et ses travailleurs faisant la navette ; Magog, la plage et sa faune balnéaire en Lacoste-bermuda qui sent « l’héritage, le yacht neuf, la marina » ; les on-dit des témoins oculaires, aux versions débridées ; une lecture publique qui prend une tournure imprévue et étrange. Ailleurs, il est question d’un « homme à lampes » qui ressent des en plus, qui se rappelle des choses que ses proches ont oubliées, n’ont même jamais vues. Y aurait-il, là aussi, un quelconque rapport avec les rêves ? Dans d’autres textes, on assiste aux funérailles d’un ami, on fréquente le café L’Allongé où d’étranges choses se produisent, on est témoin d’une visite à l’aquarium et des récriminations de professeurs envers leurs élèves. Il y a aussi la conversation téléphonique avec la maman plus ou moins sourde, l’initiation d’un gardien de sécurité et l’excursion à Bar Harbor, sur Mount Desert Island, où Marguerite Yourcenar a vécu. Un thème revient à quelques reprises : celui de la murène, poisson de forme semblable à l’anguille qui, de toute évidence, fascine l’auteur, adepte d’« ichtyologie humaine ». Une quarantaine de textes, donc, dans lesquels il se livre à l’observation de l’aquafaune des humains qui l’entourent. Une faune envers laquelle il semble ressentir de la désillusion puisqu’il affirme qu’il ne vaut pas la peine de laver une murène, que cela ne peut pas « contribuer à sa réhabilitation ». Il ajoute : « Comme le dit si bien l’adage, une murène est une murène ! »

La prose de Bertrand Bergeron est particulière, unique, et tend vers l’onirisme. Il lui arrive de bouder la ponctuation mais le résultat est toujours aussi fascinant et surprenant.

Publié le 15 février 2016 à 21 h 00 | Mis à jour le 16 février 2016 à 9 h 06

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