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Le clan Ferron, ses alliances et ses lettres I

Introduction

Malgré la diversité des tempéraments qui composent le clan Ferron, un dénominateur commun ressort, constamment mis en lumière par les analystes : toutes et tous assument un rôle dans la sphère publique. Plus ou moins tôt, plus ou moins tard, de façon discrète ou flamboyante, durablement ou non, toutes et tous atteignent cet objectif.

Politique, littérature, peinture, enseignement, architecture, journalisme, correspondance, théâtre, tous ces domaines portent la marque du clan Ferron dont font partie Jacques, Madeleine, Marcelle, Paul et Thérèse. S’y greffe Robert Cliche, époux de Madeleine, lui aussi présent sur la scène publique, lui aussi praticien de l’art épistolaire.

Parler de clan n’est pas abusif ; il suffit de feuilleter les lettres expédiées ou reçues pour entrer dans un monde de surnoms issus de l’intimité familiale. À peine Jacques est-il collégien qu’il prodigue des conseils paternels à Madeleine ou à Marcelle. Madeleine et Robert Cliche rédigent à quatre mains leurs observations sur les Beaucerons et la loi1 ; les romans de Madeleine attendront que les enfants soient parvenus à une certaine autonomie. Paul en étonnera plusieurs en créant le Parti Rhinocéros, alors que plusieurs attribuent cette ingénieuse rigolade au seul Jacques. Marcelle fréquenta le milieu qui accoucha du Refus global, tâta de la sculpture, avant de resplendir dans une peinture exubérante et dans d’admirables vitraux. Thérèse trouva sa voie dans un journalisme alerte et collé au réel. Entre ces personnalités fécondes, la correspondance occupa pendant des décennies une place étonnante.

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Le sort a voulu – et je l’en remercie – que je puisse connaître de façon personnelle quelques membres du clan. J’ai plusieurs fois croisé Robert Cliche dans mes activités de journaliste, sans jamais rencontrer son épouse Madeleine. Quand se forma le couple Madeleine Ferron-Jean Cimon après le décès de Robert, mon épouse et moi l’avons fréquenté de façon assidue et infiniment chaleureuse. Ce que j’ose qualifier d’amitié m’a incité à préfacer Madeleine Ferron, l’insoumise2, ouvrage collectif consacré à Madeleine. Mes rares rencontres avec Jacques remontent aux lendemains de la crise d’Octobre ; j’étais éditorialiste au Devoir et assez peu porté à adhérer aux multiples complots que Jacques y lisait.

 

Suite :
Le clan Ferron, ses alliances et ses lettres II : Correspondance triangulaire : Le Québec des Ferron et des Cliche.
Le clan Ferron, ses alliances et ses lettres III : Le droit d’être rebelle : Marcelle Ferron épistolière.

Voir aussi : UNE FAMILLE EXTRAORDINAIRE


* Madeleine Lavallée, Robert Cliche ainsi que Jacques, Marcelle et Madeleine Ferron en 1978. ©Succession Marcelle Ferron.

1. Madeleine Ferron et Robert Cliche, Quand le peuple fait la loi, Hurtubise HMH, 1972 et Les Beaucerons, ces insoumis, Hurtubise HMH, 1974.
2. Sous la direction de Gervais Lajoie, Madeleine Ferron, l’insoumise : trois perspectives, Fondation Gabriel-Lajoie, 2009.

Publié le 24 décembre 2016 à 8 h 50 | Mis à jour le 6 janvier 2017 à 16 h 25

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