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Jacques Ferron

Jacques Ferron, mon voisin…

Mois de janvier. Pluie de cristal. Tout autour, la nuit et le brouillard de glace, le bruit de cent ruptures et la fureur silencieuse des éléments. Dans ma chambre de bois, à la lucarne, je contemple les ténèbres des villages environnants, l'éclatante et muette désolation. Sinistre et splendide nature rompue par la nature, brisée par l'eau dans tous ses états.

J'habite sur le front cadastral du neuvième Rang. Les feux des lampadaires crépitent sur le boulevard Chartier. Dans le fracas des branches, je revois ma voisine jeter l'anathème sur l'équipe d'émondeurs qui, l'an passé, dégageait les fils électriques de son cher érable argenté. Désormais infortuné, l'arbre demeure le témoin inerte et dérisoire de sa vaste inconscience. Puis je m'habille de noir et vais marcher, parapluie en main, dans mon royaume de glace. À la croix lumineuse, au sommet du village, au loin, une à une, les lueurs vacillantes de l . . .

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Publié le 4 juin 2003 à 11 h 16 | Mis à jour le 12 avril 2015 à 18 h 28

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