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Alex Gagnon reçoit le prix Gabrielle-Roy 2016

Communiqué de presse de l’Association des littératures canadiennes et québécoise
Le 27 mai 2017

L’Association des littératures canadienne et québécoise (ALCQ) est heureuse d’annoncer que le gagnant du prix Gabrielle-Roy 2016 (section francophone), qui récompense chaque année le meilleur ouvrage de critique littéraire écrit en français, est Alex Gagnon pour La communauté du dehors, Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe-XXe siècle), paru aux Presses de l’Université de Montréal en 2016.

Le jury était composé cette année d’Anne Caumartin (Collège militaire royal de Saint-Jean), de Marie-Hélène Larochelle (York University) et de Jimmy Thibeault (Université Sainte-Anne). Il a sélectionné le livre d’Alex Gagnon parmi les 17 ouvrages reçus. Le prix a été remis lors de la réception de l’Association des littératures canadienne et québécoise le soir du 27 mai 2017, à Toronto.

La communauté du dehors, Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe-XXe siècle) présente une étude inédite qui retrace avec brio la présence de crimes célèbres qui ont marqué l’imaginaire populaire du Québec et qui sont apparus de façon régulière dans la littérature québécoise de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Par son ouvrage, Alex Gagnon retrace avec rigueur la généalogie d’une série de crimes depuis la trace des événements dans les journaux de l’époque jusqu’aux multiples représentations littéraires dont ils ont fait l’objet. Ce faisant, il amène un éclairage nouveau sur une part de l’imaginaire québécois jusque-là occulté par la critique littéraire : si on connaît bien le récit de « la Corriveau » et les échos de son récit dans l’histoire littéraire du Québec, on ne peut pas en dire autant du « docteur l’Indienne » (1829), des « brigands du Cap-Rouge » (1834-1837) et de George Holmes (1839). Pourtant, ces crimes sont bien présents et Alex Gagnon le démontre de façon magistrale en retraçant le fil des événements à travers la couverture journalistique de l’époque, le discours populaire qui les entoure et leurs différentes représentations littéraires dans le temps. En ce sens, la portée de l’ouvrage dépasse la seule étude littéraire et propose, dans une perspective historique, une véritable réflexion anthropologique du traitement de la mémoire du crime dans la société québécoise et de son intégration à l’imaginaire collectif.

Les membres du jury tiennent également à souligner le travail de Frédéric Rondeau pour son ouvrage Le manque en partage, La poésie de Michel Beaulieu et Gilbert Langevin, paru aux Presses de l’Université de Montréal. Cette étude a retenu l’attention du jury pour la rigueur et la sensibilité de son analyse. Cet ouvrage permet une meilleure connaissance de l’œuvre de poètes qui ont peut-être souffert d’être entre deux générations marquantes de l’histoire littéraire québécoise. Aussi, Frédéric Rondeau analyse-t-il bien comment ces auteurs ont su se saisir de la part d’ombre qui leur a été en quelque sorte léguée. Leurs sujets poétiques, apparaissant comme présences fugitives en poésie québécoise, offrent une riche conception de la communauté que l’analyse de Rondeau rend bien. Le manque en partage révèle Frédéric Rondeau comme un critique généreux et attentif.

Le jury tient enfin à souligner la très grande qualité de l’ouvrage Le cétacé et le corbeau, De Jean-Paul Sartre à Victor-Lévy Beaulieu de Yan Hamel (Nota bene). Dans cet ouvrage novateur tant par sa forme que par le parallèle qu’il établit entre l’œuvre de Jean-Paul Sartre et celle de Victor-Lévy Beaulieu, Yan Hamel s’impose comme un chercheur accompli qui se risque à sortir des ornières de la critique littéraire. L’essai croise l’autobiographique et l’analyse littéraire et en résulte un matériel sans précédent dans la critique québécoise. Les membres du jury reconnaissent la pertinence de la critique savante de l’ouvrage et sa contribution au renouveau de la critique de Beaulieu et saluent tout particulièrement le cadre de travail unique qu’a inventé le chercheur. Avec Le cétacé et le corbeau, Yan Hamel fait une entrée remarquée dans le domaine des études québécoises.


Source : Jimmy Thibeault
Président du jury, section francophone, ACQL/ALCQ
Département d’études françaises
Université Sainte-Anne

 

Publié le 28 mai 2017 à 15 h 09 | Mis à jour le h

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