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ARCHIVES - Dossiers 
Dossier « Littérature Mexicaine »
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C. DIX MORTS PAR XAVIER VILLAURRUTIA (Inédit)
par Xavier Villaurrutia*
traduit par Silvia Pratt et Louis Jolicœur
Xavier Villaurrutia : ©Fototeca del CONNACULTA/INBA/CNL
Nuit blanche, numéro 107, juillet 2007
À Ricardo de Alcázar
I
Quel symbole de l'existence peut être plus beau que l'ivresse de vivre toujours sans te voir et de mourir devant tes yeux ! Cette conscience si lucide d'aimer ce que nous ignorons et d'attendre l'inattendu ; cette glissade perpétuelle c'est l'angoisse de concevoir que pendant que je meurs j'existe.
II
Si n'importe où on te rencontre, au cœur de l'eau et sur la terre, aussi bien dans l'air qui m'entoure, dans l'embrasement assoiffé ; et si partout tu te maintiens dans la pensée auprès de moi, dans la chaleur de mon haleine et mélangée avec mon sang, n'es-tu pas, Mort, dans mon esprit l'eau, le vent, le feu, la poussière ?
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