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Dossier « Littérature Équatorienne »
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G. LE DÉBUT DU VINGT-ET-UNIÈME SIÈCLE
par Galo Galarza*
traduit de l'espagnol (Équateur) par Claude Lara, Consul général de l'Équateur à Montréal
L'aéroport de Quito et le volcan Cotopaxi en arrière-plan.
Nuit blanche, numéro 94, avril 2004
Malgré ce qu'en pense un professeur de philosophie latino-américaine qui affirmait récemment à Paris que les littératures nationales n'existaient pas. Il n'y aurait pas de littérature française, ni tchèque, ni espagnole ; il y aurait uniquement de la bonne et de la mauvaise littérature.
La littérature est universelle, un point c'est tout, conclut l'intellectuel, catégorique.
Le professeur peut avoir raison, mais à l'heure d'étudier les œuvres littéraires dans le monde, on se frotte au fait incontestable que celles-ci furent créées par des hommes et des femmes qui sont nés et ont vécu dans un pays déterminé, dans un cadre géographique clairement délimité et dans un temps historique défini. On parlera de périodes et de courants. La qualification de « bonne » ou « mauvaise » littérature est laissée aux critiques et aux lecteurs qui, somme toute, sont les seuls à décider. Quand Cervantés publia Don Quichotte, les lettrés espagnols de l'époque le qualifièrent des pires épithètes et méprisèrent complètement le travail de l'écrivain. Cependant au fil du temps, ce roman deviendra l'œuvre phare de la langue espagnole et sera l'un des chefs-d'œuvre de la littérature universelle.
Enrique Vila-Matas, l'auteur catalan de Suicides exemplaires, qui a si bien sondé les vies et les œuvres d'une infinité d'écrivains et de femmes de lettres, de lieux différents et d'époques diverses, concluait récemment, dans une conversation avec un groupe d'admirateurs, que la littérature doit être considérée comme de la nourriture : « [...] c'est en la goûtant qu'on peut savoir s'il s'agit d'un mets ou d'un breuvage et personne ne mange de breuvage ». En somme, ce qui est un mets délicat pour un Vietnamien peut avoir un goût exécrable pour un Italien.
Parler de la littérature équatorienne du début du XXIe siècle se révèle une tâche bien difficile. L'Équateur est un pays peu connu au Québec et dans le reste du Canada. Je peux d'autant plus l'affirmer que j'ai vécu à Ottawa de 1989 à 1994. J'ai vu mes enfants revenir affligés de l'école parce que leurs camarades leur avaient demandé s 'ils vivaient dans les arbres. De même, la littérature équatorienne comporte de nombreuses zones d'ombres. Seuls quatre ou cinq noms d' auteurs latino-américains très privilégiés et sans nul doute talentueux ont continuent à représenter toute la littérature latino-américaine.
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